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Santé

Extrait d’un témoignage concernant l’utilisation de pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique
 

"Il existe, dans mon département, un réseau constitué d'une ostéopathe […], d'une psychothérapeute sophrologue […], et au bout de la chaîne un géobiologiste […] pratiquant des désenvoûtements. Ce dernier vit avec la psychothérapeute sophrologue. Ces praticiens se renvoient leurs clients entre eux et récupèrent une… clientèle à la recherche d'un mieux être.
L’ostéopathe […] draine les accidentés, les personnes souffrantes et tendues. Cette praticienne cerne les problèmes psychologiques de ces clients puis les oriente vers une psychothérapeute, relaxologue, sophrologue. Cette dernière […] sans diplôme utilise des techniques comme le rebirth et la sophrologie qui sont des techniques hypnotiques. Cela pourrait être sans danger si cette sophrologue ne trouvait pas un responsable à tous les problèmes vécus par ses clients grâce à ses pouvoirs de vision […]. Seul son concubin radiesthésiste, bien sûr, est en mesure de trouver et de contrer l'être malveillant.

Cela se fait après de nombreuses séances d'hyperventilation où elle vous fait revivre entre autres votre naissance, puis quelques séances de désenvoûtement chez son concubin avec photos, bougies, charbons, mèches de cheveux coupées puis brûlées, poupées de cires coûtant tout de même 600 euros environ […], et surtout une sorte d'électromètre maison permettant de mesurer le stress. Il faut ajouter un élément clef : l'aspect religieux. En effet ce couple invite à prier qui on veut lors de ses séances".

Cité dans le rapport annuel 2003 de la Miviludes, page 18.

Témoignage sur le néo-chamanisme

Les quelques pages qui suivent sont extraites d’un long témoignage manuscrit adressé à la Miviludes par une jeune femme ayant été initiée au bwiti et ayant pratiqué ces rituels pendant trois à quatre ans. Avec l'accord de l'intéressée, de larges extraits ont été publiés dans le rapport annuel 2009 de la Miviludes, dans sa partie conscacrée au chamanisme.

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Le 14 octobre 2009, témoignage 5 ans après le 1er séminaire

 

« Après cinq années de développement personnel avec un couple de personnes très sympathiques, avec qui je travaillais le souffle, la détente, le regard sur soi et sa propre vie, je sentais qu’il fallait que je continue à avancer dans ma vie.

D’autant plus que je n’avais toujours pas réglé, au bout de cinq années avec ce couple, mes effroyables cauchemars qui me hantaient depuis que j’étais partie le soir de mes 19 ans, de la maison de mes parents.

Aussi à la fin de l’été 2004, en fin de soirée, assez tard, je prends en cours une émission dans laquelle un homme explique ce qu’est « l’iboga », qui il est, d’où il vient.

Que cette plante est magnifique car en l’ingérant, l’on peut guérir beaucoup de maladies physiques et psychologiques. Que cette dernière à la faculté de vous faire sentir mieux car elle vous « oblige » à regarder toutes les parties de votre vie, sauf que vous n’avez pas l’aide du psy.
Que le psy est uniquement vous, et que vous ne pouvez plus dissimuler et nier les faits que vous avez vécus ou engendrés.

Que la plante va chercher les informations dans votre inconscient et les fait remonter à la surface pour vous les faire regarder en face. Que c’est une plante et qu’elle est par conséquent « non toxique » contrairement aux produits chimiques de synthèse. Que ce n’est pas une drogue, qu’une fois prise l’on devient un nouvel homme, une nouvelle femme, que nous serions transformés à jamais.

Je me suis dis :
« C’est super pour ce que j’ai.
Je n’ai jamais fumé de ma vie, et bu d’alcool, de plus c’est une plante donc non chimique, elle est sacrée et pousse dans la forêt. Ça ne peut sûrement pas me faire de mal »

J’apprends que le séminaire dure trois jours du vendredi soir au lundi matin. J’étais au chômage et je ne savais pas comment j’allais trouver 490 euros pour le séminaire et 80 ou 100 euros pour l’hébergement mais j’étais tellement déterminée que j’ai trouvé une mission d’intérim suffisamment longue pour me payer le séminaire.

Nous étions 16 participants. Après avoir tous payé, J., G. et M. nous ont fait visionner trois cassettes vidéo montrant les « Initiations à l’iboga » au Gabon. Je me disais déjà que ces gens au Gabon avaient de la « chance » d’être sur place et que là-bas cela devait être « grandiose » de prendre cette plante dans la forêt au milieu de toute cette nature !

J’étais heureuse à l’idée de me dire que j’allais « guérir » ma vie et me « nettoyer » du passé.

Je me disais que j’allais enfin comprendre pourquoi j’allais si mal dans ma vie.
J’étais là je voulais vivre, je voulais vivre mieux, je voulais faire de ma vie un cadeau pour moi-même et les autres et je ne savais pas comment. Alors pour moi cette plante tenait du « miracle ».

Je vivais cela comme un « cadeau  du ciel » pour moi et pour d’autres.
C’est donc sans a priori et sans peur, en toute confiance que je l’ai prise, cette plante magique.
La première nuit j’ai pris l’équivalent de 18 cuillères à café de bois sec, la deuxième nuit 15 cuillères.

J’ai reçu la cuillère dans la bouche, j’ai avalé l’iboga avec de l’eau et à peine ai-je eu le temps de me rincer la bouche (car cela était horriblement amer et granuleux), que j’ai senti une veine de ma tempe droite gonfler et « monter jusqu’à mon cerveau ».

Je sentais à mille lieux à la ronde, toutes les odeurs, les bonnes et les moins bonnes, j’entendais les chuchotements de M., ainsi que celle des assistants comme s’ils me parlaient dans l’oreille directement. Je voyais dans le noir comme un chat et les sons étaient exacerbés.
Mais je lisais aussi le mal-être des gens qui m’entouraient surtout ceux qui vomissaient.

À côté de moi sur mon matelas, à ma droite, un homme vomissait ses tripes, il n’en pouvait plus. M. avait dit que ceux qui avaient pris le plus de substances nocives comme l’alcool, la cigarette ou autres, ceux-là vomissaient beaucoup car la plante iboga les nettoyait de toutes ces  « saloperies » et je l’ai cru car cet homme que je voyais vomir l’avait dit précédemment avant la prise de l’iboga, qu’il avait pris de tout et que même avant de partir de chez lui pour le séminaire, il avait pris deux cachets « d’ecstasy ».

Je me suis dis que ce mec était « dingue » et qu’il ne se rendait pas compte de ce qu’il faisait en prenant ces « poisons », il prenait en effet beaucoup de drogues chimiques mais à cet instant où il me parlait de tout cela, je n’avais pas conscience moi aussi de la dureté de la plante.
Je n’avais pas non plus conscience que M., J. et G. allaient laisser prendre la plante à des gens qui n’avaient même pas été sevrés quelques mois de ces drogues dites « dures ou douces », qu’il n’y avait pas de médecins ni d’infirmières. En fait je n’avais même pas conscience ce jour-là que j’aurais pu mourir, vu les doses massives que j’ai prises au premier et second séminaire.

En sortant du séminaire numéro un, j’ai à peine vomi quelques gouttes mais au second six mois plus tard, étant restée sans réponses à mes questions au sujet de ce que j’avais vu et vécu, n’ayant eu aucune réponse de la part de M., J. et G., je m’étais dis que j’allais y retourner pour demander des explications à la plante ;

J’avais vu lors du premier séminaire une vision dans laquelle mon père abusait de moi, très petite et quand j’en ai parlé à M., j’ai éprouvé une grande détresse, une honte incommensurable, une peine horrible, une incompréhension. Pourquoi ? Comment ? Est-ce vrai ? Est-ce moi qui ai inventé ces images ? Ou bien si c’était vrai, pourquoi mon père m’avait-il fait cela ? J’ai pleuré, je me sentais perdue, seule au monde. Je me sentais sale et honteuse, je regardais tous les gens dans la salle et je voyais dans leurs yeux de la pitié pour moi c’était encore pire.
Il n’y avait pas de compassion, juste de la pitié, j’étais mal, j’étais très mal, si j’avais pu me volatiliser tellement j’avais honte, je l’aurais fait. J’éprouvais un tel désespoir que je ne savais pas si j’allais me remettre de cette « nouvelle » qui m’arrivait là, d’un seul coup.

Je suis allée voir M. et je lui ai demandé si ce que j’avais vu était vrai et il m’a répondu que « oui » et qu’il fallait que maintenant « je pardonne à mon père ». Alors c’était donc vrai ?
Avant j’avais un doute, mais maintenant qu’il a confirmé ce que j’ai vu… c’est comme si je revivais deux fois ce viol, quand j’étais petite et maintenant.
Là je n’étais pas du tout au stade du pardon, j’avais juste envie d’hurler mon désespoir !

Je me répétais : « Non, non, non ton père ne t’a rien fait de ce genre, il t’a battue, humiliée, fait de toi son petit chien mais il ne t’a pas violée. Non c’est impossible », j’éprouvais une immense douleur morale.

Ce n’était plus les cauchemars dans mes rêves, c’était mon cauchemar qui venait de rentrer dans ma réalité quotidienne !

Ce gros point d’interrogation « ? » est resté dans mon esprit à tel point que je voulais absolument savoir si cela, ce « viol » avait réellement eu lieu. Alors je n’ai pensé qu’a cela, jusqu'à pouvoir payer un nouveau séminaire, six mois plus tard.

À la fin du premier séminaire, je me suis dit que si cela était arrivé il fallait que je pardonne à mon père sinon ma vie allait devenir un cauchemar et je me suis persuadée que je pouvais le faire. Alors j’ai « décidé » de lui pardonner jusqu'à ce que je sache vraiment « par moi-même avec l’iboga », si c’était vraiment la vérité, cette histoire de viol et puisque M. me disait que c’était vrai et qu’il fallait que je l’accepte tout bonnement.

Entre les deux séminaires, j’ai rencontré le futur père de mon enfant par l’entremise du premier assistant de M.

Le même soir où M. s’est présenté à sa porte, un type inconnu l’a suivi quelque temps après, brandissant avec joie et fierté un sac plein d’herbes (gandja, marijuana), en fait sans le savoir, j’arrivais dans un lieu où se préparait une soirée tranquille à « fumer ».

J’étais scotchée ! Nous sortions à peine d’un séminaire dans lequel je voyais M. expliquer aux gens que la plante pourrait les guérir de leur multiples addictions et là, lui-même participait à une soirée dans laquelle tout le monde s’en donnait à cœur joie et sans aucune restriction, ni limite, l’alcool coulait à flot aussi.
Quand j’ai demandé à M. des comptes à ce sujet, il m’a tranquillement répondu que là-bas au Gabon, on fumait le « Mboko » (marijuana) au cours d’une cérémonie dédiée aux esprits et que c’était fumé avec le bois sacré aussi et que l’alcool était aussi donné aux esprits.

Ce soir là, il s’est fait servir à manger, à boire et se comportait comme un petit roi, les autres étant ses sous-fifres. Rien à voir avec le « Chaman », à l’écoute et au service des gens lors du séminaire, j’avais devant moi un gamin de 27 ans qui se prenait pour un chef plein d’orgueil et de suffisance, heureux d’être à la place du chef.

Durant deux mois, j’ai eu le loisir de rencontrer M., plusieurs fois et le voir tel qu’il est c'est-à-dire pas compétent du tout, dans l’orgueil, le pouvoir, la séduction, le sexe et avec un désir puissant pour l’argent. Il séduisait et couchait avec toutes les jeunes filles qu’il rencontrait lors des stages.

Je m’étais entichée de X
Un soir il m’a raconté avoir donné du bois sacré à son ancienne petite amie et s’être endormie sans la surveiller, au réveil il s’est aperçu qu’elle allait très mal et qu’elle s’était retrouvée seule à vivre tout  les traumatismes de son passé, qu’il se sentait coupable à ce sujet.

Je crois qu’il se rendait compte de la dangerosité de la plante mais le besoin d’aider les gens, de les aider à guérir, empêche littéralement la personne de prendre assez de recul pour se rendre compte que cela peut être très dangereux pour la personne qui prend cette plante. Il voulait, comme beaucoup d’autres l’ont fait, donner du bois à un proche pour « l’initier », l’aider à guérir.

Cette nuit où j’en ai demandé 18 puis 15 cuillères j’aurais pu en demander 25 ou 30, si je levais la main, j’en aurais eu autant que je pouvais le supporter et ça c’est dingue ! D’autant plus que si vous prenez régulièrement du bois, pour dépasser la zone où vous vous êtes arrêté dernièrement il faudra en prendre plus que la dernière fois.
Mais généralement, en arrêtant d’en prendre autant durant au moins deux ou trois mois, les gens qui en prennent continuent à travailler sur eux avec quelques cuillères (mais le corps mémorise les doses, les comptabilise) histoire de continuer à travailler sur sa vie.

Comme si vous vous voyiez vivre avec beaucoup de détachement et de conscience sur votre vie, en relativisant, en prenant conscience de ce que vous vivez, en cherchant et en trouvant des solutions adéquates à vos problèmes selon votre niveau de conscience actuel.

Bref en sortant du séminaire, je suis sortie avec X et deux mois plus tard je suis tombée enceinte de lui.

Dans l’appartement, il y avait des soirées nommées «  Moiou » appel aux esprits, X était habillé en rouge et noir, il participait aux rites religieux du bwiti.
Au séminaire aussi le bwiti était là, la danse, les grelots, les pagnes, les paniers aux esprits. Je voyais bien que lui d’ordinaire si mal dans sa peau et dans sa vie, s’éveillait à la vie d’un seul coup, en revêtant ses habits il devenait « quelqu’un ».

En fait, rien d’autre n’avait d’importance pour lui, à part l’iboga et le bwiti.

Le magongo (arc en bouche), la harpe, les pagnes, la musique, les centaines de chansons que X avait apprises par cœur, tout cela était son univers. Tout ça était son « identité », j’étais amoureuse de lui, j’allais avoir un enfant de lui alors pour me faire « accepter », j’ai accepté de jouer les jeux du bwiti moi aussi.
J’ai chanté, dansé, porté des pagnes, écouté la musique, repris du bois à doses moindre.
Les voisins se plaignaient du bruit incessant jour et nuit, de la fumée, des allées et venues, le gardien s’était fait cracher dessus et insulter à plusieurs reprises, la voisine du dessous a même déménagé lasse de plusieurs années de bruit.

Les séminaires continuaient, un par week-end soit quatre par mois. Durant la période où le « tradipraticien-chaman » M. partait avec toute sa clique en [province], je continuais de tenter de sortir X de ce monde qu’il s’était fabriqué mais de guerre lasse, enceinte, fatiguée, déprimée, j’ai raccroché et suis allée retrouver mon studio.

J’étais malheureuse, j’avais fait un enfant à un type complètement sous emprise de M et du bwiti.

Mon enfant est né et là les problèmes avec X et M.. continuaient, X voulait que je présente notre enfant à M. pour qu’il le bénisse et lui donne un nom du bwiti.
Naïvement, j’ai cru que X avait changé mais en fait il se servait de notre bébé pour se donner de l’importance aux yeux de son grand chef.

Bref, si je vous écris tout cela, c’est juste pour vous dire et faire comprendre qu’en fait on ne sait pas quand on rentre dans ce genre de groupe sectaire. En fait on ne sait même pas ce que c’est car même si l’on tente de nous ouvrir les yeux, vu de l’intérieur, c’est vous qui racontez n’importe quoi, c’est vous qui vous trompez par manque d’information.

« Les sectes » pour ceux qui sont dedans « c’est la secte du Vercors », c’est l’évidence que ces gens ont été manipulés et ont été sous emprise de gourous dangereux.
Mais pour les gens qui sont dans le bwiti de M., ils ne sont pas dans une secte puisqu’ils sont heureux. Ils dansent, ils chantent, ils pratiquent le rituel du bwiti, ils s’habillent de manière belle. On a besoin d’eux pour le spectacle, pour danser, frapper du tambour, aider à la construction d’un gîte pygmée.
Ils se sentent utiles et comme en famille, M. est le « père » de tous ces enfants, le père du Bwiti et la mère du Bwiti ça donne l’impression d’être en famille, il n’ y a rien de mal à ça ?

Sauf, qu’il y a un effet vitrine à tout cela.

Lorsque je suivais X dans ses pérégrinations dans cette caravane avec mon bébé, la nuit venue, quelqu’un venait systématiquement me chercher pour que je participe aux danses du « bwiti », c’était obligatoire sous peine d’être fiché comme non-participant et donc mauvaise graine. « Viens sans ton enfant ! Et s’il pleure, laisse le pleurer ! Viens danser ».

De plus nous devions nous asseoir et écouter les conseils et les consultations que faisait M. ou d’autres Gabonais ou Gabonaises qui connaissaient les rudiments du bwiti. Un soir lors d’une soirée comme celle là, X s’est mis à confier à tout le groupe « ma mauvais volonté » à faire l’amour avec lui, que je ne voulais plus qu’il me touche etc…
Je me disais que ces gens se mêlaient de ce qui ne les regardait pas mais c’était une « consultation publique » voyez-vous ? Alors l’on m’a fait comprendre que je n’avais rien à redire.
Tout se mélangeait dans ma tête. Où s’arrêtent nos propres individualités ?
Quel genre de personne [X] était-il pour parler de choses intimes et privées sans qu’il ne se sente le moins du monde gêné ou coupable, pour lui c’était normal, il fallait tout partager avec sa famille bwitiste.
Son enfant et moi n’étions pas sa famille, ils nous toléraient uniquement parce que je jouais le jeu.

Quand j’ai connu M., il venait de sortir un CD dans lequel il chantait une chanson qui disait qu’il avait été envoyé par les esprits en mission en Europe pour informer les gens d’arrêter de couper les arbres de la forêt équatoriale. Ce n’est pas super ça ?
Un gamin de 24 ans qui vient dire au monde « cessez la coupe des arbres de la forêt », ne seriez-vous pas un tantinet séduit si vous aviez la sensibilité de la protection de la nature ?
Eh bien moi qui suis très sensible à ce sujet, je suis tombée dedans aussi pour cela.

Je suis tombée dedans pour l’écologie, pour la musique, la danse, le peuple africain, la plante sacrée qui guérit, le milieu familial : « on est tous des frères et sœurs » de la même famille.
Sauf que tout ça c’est faux.
M., bien après qu’un type soit mort en [province], lorsqu’il est parti au Gabon, a repris les séminaires avec J. et G. comme si de rien n’était. Savez vous pourquoi M. a continué de travailler avec J. et G. malgré la mort d’un homme : « POUR LE FRIC » pour l’argent que ramenaient seize participants et quatre fois par mois.

Tout comme le sexe, avec des minettes séduites lors de séminaires et emmenées au Gabon pour servir « d’assistante » lors de ses déplacements au Gabon et qu’il paye 70 FRCFA du mois, qui meurent de faim et d’isolement.

J’ai rencontré une jeune fille dans ce groupe qui avait vécu toute son enfance dans une secte avec sa mère, dans laquelle me disait-elle, le gourou faisait faire des fellations aux enfants, qui avait de plus été violée par son beau-père « chaman » d’Amérique du sud et dont la mère taisait les faits et avait demandé à la fille de ne rien dire sous peine de représailles.
Eh bien cette fille est arrivée dans le groupe de M. et continue son cursus de femme « libre », après être revenue in extremis du Gabon, rapatriée en France, pour y avoir contracté le paludisme.
M. conseillant à tous ceux qui partent au Gabon de ne pas prendre d’antipaludéen car il « serait » mauvais pour l’initiation au bois sacré là-bas au Gabon.

Le sexe, l’argent, le pouvoir voilà ce qu’est M. X sait tout cela mais étant sous l’emprise de M. comme cette jeune fille, ils ne sont pas capables de discerner la dangerosité de cet homme, ils sont comme anesthésiés.
Ils ont tous besoin qu’on les sorte de là car je sais que cela finira mal.
Quand M. s’est fait arrêter, X s’est retrouvé sans « père », « orphelin », il était blanc, inerte, comme assommé, vidé de l’intérieur, il m’a dit « Je venais te prévenir que j’allais me suicider ».
Si j’écris c’est pour que vous compreniez la douleur dans laquelle je suis quand je vois que le père de mon enfant est complètement sous emprise de ce type appelé M.

Vous dire tout cela pour vous expliquer que l’on ne nous tire pas par les cheveux pour rentrer dans le bwiti, on vous y invite gentiment histoire de « voir ».
On glisse gentiment sans s’en rendre compte et une fois que l’on est dedans, l’on est séduit, on se sent aimé, compris, joyeux, libre mais en fait la porte s’est gentiment fermée derrière vous et vous pensez qu’elle est ouverte, que vous pouvez y rentrer et en sortir librement alors qu’en fait vous êtes toujours dedans, mais vous ne le savez pas.

Vous dire pourquoi en suis-je sortie, je l’ignore encore, mais ce que je sais c’est que des individus comme X, épris de reconnaissance, cherchant une famille de substitution, se sentant « incompris » etc… Il y en a hélas plein.
Il y a aussi plein de gens honnêtes qui veulent œuvrer pour la protection de la nature, qui ont un amour puissant pour la musique et la danse, qui veulent absolument se sentir aimés et utiles.

L’humanitaire, la spiritualité, le magique, la musique, le partage tout le monde veut au moins quelque chose comme ça et les sectes le savent et elles en abusent.

Venez œuvrer pour les Pygmées, la forêt équatoriale, venez participer à un chantier, emmenez vos enfants, vos femmes et vos amis, vous êtes tous les bienvenus vous et votre argent.

Je suis sûre qu’il y a des gens très honnêtes et vrais et je ne jette pas l’anathème sur tout le monde mais restons maître de nos vies, et si la liberté est très importante pour vous, alors prenez note de vous informer sur le groupe ou les gens qui vous intéressent.
J’ignore si un jour le père de mon enfant sortira de son emprise mais j’ai mon enfant et je me dois de le protéger, car les enfants sont aussi les proies de ces gens car ils sont façonnables et influençables, malléables à souhait.

X exigeait que je lui laisse prendre l’enfant pour l’emmener danser le bwiti avec M., lui apprendre les rudiments et les prières. Vous savez quand j’étais enceinte, je continuais à prendre du bois, de l’iboga, car M. disait que ce n’était pas dangereux et qu’au contraire cela ferait de l’enfant un être « spécial », alors j’ai pris du bois pensant que cela ne ferait pas de mal à mon bébé. D’autres femmes enceintes en même temps que moi en prenaient aussi souvent que M. nous en donnait, ou nous l’achetions en le commandant au Gabon, à la période où cela n’était pas interdit.

Aujourd’hui, je remercie Dieu qu’il ne soit rien arrivé à mon enfant. L’enfant né, nous leur donnions un peu de bois (comme les enfants du Gabon), nous leur faisions chanter les chants du bwiti et sauter, danser comme dans le rite du bwiti, nous les habillions en petit pagne rouge, les maquillions comme nous.
Bref l’embrigadement venait de nous sans le savoir et M. regardait tout cela, satisfait.

Aujourd’hui l’iboga a été interdit en France mais le bwiti continue, M. a recréé une autre association où le savoir pygmée est mis en vitrine, où les enfants et les familles viennent écouter, danser, participer au spectacle du bwiti. Le « bois sacré » continue à circuler dans le premier cercle, c'est-à-dire ceux qui sont très proches de M.

La mort physique ne menace pas seulement les adeptes de ces groupes-là, la mort psychique aussi sans compter toutes les souffrances que cela occasionne au sein de chaque famille.

(...) Je remercie les associations, les bénévoles qui s’y rattachent et qui m’ont entendue dans ma souffrance, comprise, épaulée, aidée, les psychologues qui m’ont reçue et entendu mon histoire aussi longue soit elle. Grâce à eux, j’ai eu des réponses à mes questions et je vais pouvoir continuer à avancer en cessant de me culpabiliser.
Je vais pouvoir me reconstruire enfin ! »

Merci mille fois.

 

Témoignages sur des pratiques non conventionnelles pour soigner le cancer


Premier témoignage :

Ma sœur Nicole S. a croisé des charlatans qui lui ont fait miroiter une guérison sans médicaments. Elle est alors âgée de 41 ans, maman d'une petite fille de 2 ans et passionnée par la danse sportive, elle est enseignante.

À la découverte de son cancer du sein en 2003, elle entreprend une chimiothérapie. Sa tumeur disparaît presque totalement, mais par sécurité, les médecins veulent opérer. Affolée, elle s'en remet à la théorie de Ryke Geerd Hamer, qui préconise l’abandon de tous les traitements médicaux.

Sur les conseils de deux thérapeutes, dont un disciple de Hamer, Mme Françoise X, ma sœur se laisse convaincre que tout est psychologique ; ils l’incitent à arrêter les soins.

Nicole dira à ses proches qu’elle n’a plus rien. Mais cela n’est pas sans conséquences sur son attitude : elle change et s'éloigne un peu plus de sa famille. La manipulation mentale infligée par le disciple de  Hamer a consisté à l’isoler pour mieux la contrôler.

Deux ans plus tard, en août 2005, Nicole m’annonce qu'elle a toujours son cancer du sein, et que les os sont touchés, mais le disciple de la médecine nouvelle continue à lui expliquer que son cancer des os est normal : « ce sont les trous qui se referment ». Elle explique alors à son entourage ce qu’est la méthode Hamer. Mais l’état de ma sœur ne fait que s’aggraver : elle ne peut plus marcher mais Mme Françoise X lui redit que ces douleurs proviennent des trous qui se referment.

Deux mois plus tard, le 23 novembre 2005, Nicole décède, chez elle, dans d'horribles souffrances, laissant des proches dans la tristesse et la plus grande incompréhension.

Second témoignage :

Mon frère a été abusé mentalement durant sa maladie et en est mort. Alain a été victime de charlatans de la médecine alternative et d’un médecin, le docteur Richard X, chirurgien installé dans le sud de la France.

En juillet 2006, une biopsie sur un petit bouton douteux au visage provoquant une gêne de plus en plus perceptible au niveau de l’œil droit et défavorisant le fonctionnement normal des sinus est pratiquée.

Un mois plus tard, les médecins diagnostiquent une tumeur du sinus maxillaire. Mon frère, également Témoin de Jéhovah, ne fait confiance qu’au docteur Richard X.

Un protocole médicamenteux, chimiothérapie et radiothérapie, est mis en place avec l’oncologue. Alain suit son traitement durant trois mois environ… Il refuse l’extraction de sa tumeur jusqu’à son hospitalisation.

Durant une chimiothérapie, il m'avoue qu’il voit une kinésiologue et qu’ « il envisage de mettre un terme au protocole chimique qui l’empoisonne ». Selon lui, il lui suffirait de chercher les causes de la maladie et d’identifier les membres de la famille responsables de son cancer ! Il ne veut pas servir de cobaye à la médecine qui le traite comme un simple numéro.

Quand nous nous sommes revus, il m’a accusée  « d’être responsable de sa leucémie déclarée ». Elle était due, selon lui,  « à notre mauvaise entente au moment de ses premiers soins » !

C’est à cet instant qu’il m’avoue qu’il a décidé de recourir à la médecine parallèle pour soigner son cancer : il prend alors plusieurs rendez-vous chez Mme Suzanne Y, kinésiologue, et adepte de la « biologie totale » de Claude Sabbah.

Mon frère décide également de rencontrer Paul Z qui se prétend docteur en « décodage biologique ».
Au cours d’une « consultation », Paul Z aurait dit à Serge que les hémorragies abondantes des sinus (et par la suite de l’orbite) étaient dues à l’efficacité du décodage biologique.

Mon frère reprend pendant quelques temps son traitement conventionnel.

Plus tard, un certain  David R., naturopathe, lui conseille la cure de Breuss. Cette cure fait perdre à Alain plus de 30 kilos. La tumeur évolue considérablement et provoque des lésions dentaires. Le naturopathe lui conseille alors de prendre de l’huile de pépin de raisin bio pour désinfecter et soulager les douleurs des gencives et des dents, et de prendre contact avec un dentiste énergéticien pour du décodage dentaire, car cette zone, qui est au niveau du palais, peut être touchée par des fuites énergétiques. Ce dentiste utilise des appareils qui sont censés identifier l’origine du problème dentaire. La séance coûte 75 euros et se déroule dans une résidence hôtelière.

9 avril 2008 : après des souffrances indescriptibles, Alain accepte enfin son hospitalisation.

Alain est décédé le 29 mai 2008 à l’âge de 42 ans.

Cités dans le rapport 2010 de la Miviludes, pages 151 à 153.

Enfance

Interview d’une ancienne adepte d’un mouvement apocalyptique, entrée avec ses parents dans le groupe dès son plus jeune âge

Une ancienne adepte malgré elle du groupe "Les enfants de Dieu" encore appelé "La Famille" a été interrogée par la Miviludes dans le cadre de la rédaction du rapport annuel 2010 sur les groupes apocalyptiques. En voici un extrait.

lire l'interview

Quelle forme et quel langage particulier ces doctrines apocalyptiques et millénaristes prenaient-elles dans la vie et dans la philosophie de votre groupe ? (Miviludes)
Ils annonçaient des évènements apocalyptiques comme en 1973, par la prophétie du gourou (David Brandt-Berg) concernant la comète Kohoutek qui devait frôler la Terre et causer la destruction de l’Amérique. La plupart des adeptes avait déjà fui les USA et s’était installée en Europe à ce moment-là. Je me souviens que j’écrivais tous les jours sur les tableaux de mon école un décompte des jours avant le cataclysme (J-40, J-39, J-38…). J’étais encore jeune et je voulais prévenir tout le monde pour qu’ils soient informés et avertis. J’étais persuadée aussi que la Californie allait s’effondrer dans la mer.
Je me souviens aussi qu’après 1974 et la « non destruction des USA », ils parlaient du retour de Jésus Christ prévu pour 1993. Celui-ci devait revenir et régner ensuite pendant 1000 ans sur Terre. Nous allions régner avec Lui et juger les habitants de la terre à ses côtés. En vue de ces évènements apocalyptiques, on devait faire des achats de vivres, de nourriture et stocker du matériel. On avait aussi un « kit de survie », qui nous permettrait de fuir dans les montagnes et les collines si la guerre éclatait dans la ville ou si un autre cataclysme survenait dans notre région.
Comme la destruction des USA ne s’est pas produite en 1974 et que Jésus Christ n’est pas revenu sur Terre en 1993, notre « Prophète » nous a expliqué que  Dieu donnait une seconde chance à l’Humanité et que c’était grâce à nos prières que le Seigneur n’avait pas voulu qu’il y ait encore l’Apocalypse sur Terre. C’était dans « sa miséricorde qu’Il retardait le retour de Jésus-Christ. »
Notre leader interprétait certains évènements physiques et astrologiques comme des accomplissements des prophéties dans la Bible, et nous demandait de suivre ses instructions à la lettre. S’il disait : fuyez à l’Est, on fuyait. Les propos du groupe sur la fin du monde instauraient en nous de la peur […]. Il fallait sauver la planète et le maximum de personnes. On n’avait pas peur de l’Apocalypse en tant que telle ; ce qu’on craignait le plus, c’était de ne pas pouvoir sauver un maximum de personnes. Rien ne comptait plus que cette finalité là. On devait d’ailleurs délaisser nos études personnelles, notre éducation ; seul comptait dans nos journées le nombre de personnes « converties et sauvées » et de savoir ce qu’on allait manger pour survivre encore un jour...
Dans le groupe, on était environ 10 000 membres à plein temps. On nous parlait du « groupe des 144 000 sauvés » mais nous, on en était loin. Pourtant, on chantait souvent cette petite ritournelle : « Nous sommes les 144.000, qui cela peuvent-ils être à part nous ? »
À quel moment dans le groupe est apparue cette notion apocalyptique ?
Peu de temps après la naissance du mouvement. Quand je suis arrivée dans la communauté en 1972, on m’a tout de suite parlé de ces théories apocalyptiques. C’était quelque chose d’important pour le groupe. Notre dirigeant parlait : « des tremblements de terre, de la lune qui se changerait en sang, des deux tiers de la terre qui seraient brûlés…» On nous disait qu’à l’époque où ces prophéties avaient été écrites, il était difficile pour les gens d’imaginer comment deux tiers de la terre pouvaient brûler mais qu’avec l’avènement de l’ère atomique, il était plus facile de nos jours d’imaginer un tel cataclysme. Pour nous, Dieu allait juger le monde pour ses péchés : la violence, la drogue, l’urbanisation, la destruction de l’environnement, la pollution, les grandes villes et métropoles qui pour notre chef spirituel ne s’accordaient pas avec le plan de Dieu pour l’humanité.
En 1994, après la mort de David Berg, « La Famille » parle beaucoup moins d’apocalypse et plus de « Royaume de Dieu arrivant sur Terre ». On parle moins de tremblements de terre et il y a moins de grosses frayeurs qu’auparavant : on parle davantage de théories ufologiques ou soucoupistes. Le mouvement cite aussi le « Nouveau Monde », terme qui se rapproche plus de la philosophie du Nouvel Âge. Pour eux, les soucoupes volantes sont des créatures célestes. Il y a beaucoup d’illustrations, d’images et de dessins dans les parutions littéraires du groupe, représentant des gens qui changent de corps, qui volent, comme des Anges…
En 1989, le groupe a encore prédit le retour de Jésus, mais cette fois pour la fin du 20ième siècle. Cela ne s’est à nouveau pas produit.
Quelle était l’importance des thèses apocalyptiques et millénaristes dans votre vie personnelle et professionnelle, sur votre famille alors ?
Ces discours et doctrines excluaient tout le reste. On était coupé du monde, on vivait en vase clos. On devait vivre renfermés sur nous en communauté, sans contact vers l’extérieur sauf pour aller trouver les gens et faire du prosélytisme pour les convertir et les sauver. On lisait rarement les journaux, on était baigné dans les doctrines manichéennes du chef. On vivait toujours dans l’urgence, et l’inquiétude de ne pas en faire assez était permanente pour la plupart des adeptes. On était constamment sous pression. Il y avait aussi la notion que toutes les souffrances vécues sur terre n’étaient rien comparées « à la gloire à venir », c’est-à-dire au moment où Dieu « effacera toutes larmes de nos yeux et où la terre sera renouvelée en un paradis où il ferait bon vivre ». Pourquoi alors se faire soigner pour une maladie, si au paradis on allait avoir un nouveau corps ? Pourquoi poursuivre une carrière ou faire des études si l’Apocalypse est imminente ?
Depuis 2010, le groupe ayant « revu » ses doctrines à ce niveau, il est maintenant permis aux adeptes de suivre une formation ou de chercher du travail dans la société. Leur attitude actuelle peut se résumer ainsi : « Nous avons prophétisé la venue du Millenium sur Terre et comme elle tarde, on ne sait pas quand elle aura lieu, donc on peut quand-même s’intéresser au monde environnant et essayer de s’y insérer, au cas où Jésus tarderait encore à revenir. »
Aviez-vous des projets à long terme dans le groupe ?
Non absolument pas, à l’époque où j’y étais, il était impossible d’en avoir. Il y avait comme une chape de plomb sur et autour de nous. J’ai compris plus tard qu’on avait tendu autour de nous, à la fois une emprise comportementale, une emprise cognitive et une emprise affective dont je ne pouvais pas me sortir à l’époque. J’étais encore jeune et malléable et croyais tout ce qu’on me disait. J’étais soumise et désirais être obéissante à mes supérieurs car je pensais qu’en leur obéissant je servais réellement Dieu. Je pensais par ailleurs faire partie d’une élite et avoir été choisie par Dieu pour apporter le salut au monde en perdition.
Pourquoi d’après vous, faudrait-il se protéger contre ces discours et ces groupes apocalyptiques ou  millénaristes comme celui que vous avez connu ?
Le danger, dans ces groupes ou par rapport à ces discours, c’est de croire totalement les paroles du gourou. Nous, nous étions totalement sous son emprise et nous lui obéissions aveuglément. Pour ma part, je lui faisais entièrement confiance et je lui ai tout donné. Dans cette situation, on perd toute autonomie, tout jugement, toute liberté de pensée et tout libre arbitre. On croit tout ce qu’on vous raconte et on se fait manipuler… souvent sans vraiment s’en rendre compte, et un jour, on se réveille et on prend conscience que l’on a agi contrairement à nos propres convictions ou à notre conscience personnelle.
Quel message souhaiteriez-vous faire passer ?
À mon avis, pour mieux prévenir le  « piège sectaire », il faut agir au niveau de l’éducation des jeunes. Tout comme on le fait pour l’éducation civique, la formation et conseils au niveau de la sexualité, du viol, du Sida. Il faut apprendre aux jeunes à se méfier de ces groupes et de leurs discours. Il faut informer les jeunes en leur donnant la possibilité de lire des ouvrages sur cette thématique dans les bibliothèques scolaires et les centres de documentation, ce qui n’est pas toujours le cas. Car plus ils liront et réfléchiront par eux-mêmes, plus ils seront armés et protégés contre les dérives de ce genre.
Ce discours apocalyptique et millénariste marque t-il encore votre vie ?
Je crois toujours en la véracité et l’authenticité de la Bible, mais les idées de la « secte » ne m’influencent plus aujourd’hui. Pourtant, à certains moments, je me surprends à en être parfois affectée dans mon fonctionnement psychologique. Par exemple, il m’arrive parfois de paniquer, de réagir dans l’urgence… alors que je pourrais prendre les choses plus calmement, avoir moins peur…. Cette pression, cette urgence, je la ressens encore à certains moments ; elle a imprégné mon caractère et ma personnalité même si cela fait presque 30 ans que j’en suis sortie. »

 

Vie professionnelle

Une victime de la vente multi-niveaux s’exprime ainsi dans le rapport annuel 2007 de la Miviludes

« Famille, amis, connaissances, s’il y en a, tous ont vu la bizarrerie du système sauf vous. Avant d’entrer dans le réseau, vous vous sentiez perdu et dévalorisé. Après l’avoir quitté, vous vous sentez minable. Vous vous sentez en porte-à-faux entre la crédibilité de vous-même aux yeux des autres complètement anéantie pour la presque totalité de ceux que vous avez contactés, et entre une sensation de culpabilité envers le réseau, la société, le parrain, le leader que vous avez trahis et pour qui vous êtes sorti du rang des « adeptes » et regardé comme quelqu’un – si ce n’est quelque chose – de stupéfiant et de spécieux. Vous ne pouvez pas leur faire valoir votre lucidité car votre vérité n’est étayée ni par une action en justice victorieuse ni par une reconnaissance de votre témoignage dans toutes ses dimensions et avant tout dans la dimension « abus de confiance ». (…). « Je comprends mieux maintenant les réticences à porter plainte et la difficulté d’être cru d’autres catégories de victimes qui aujourd’hui sont reconnues comme telles ».


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